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Maître Brigitte Longuet, avocate, a été nommée
membre de la Commission nationale de concertation des professions libérales
par Renaud Dutreil, secrétaire d'Etat aux petites et moyennes
entreprises, au commerce, à l'artisanat, aux
professions libérales et à la consommation. Cette désignation
est intervenue par arrêté en date du 6 août dernier.
Quelle est l'utilité de cette commission ? Quelles sont ses missions
? … Entretien avec Maître
Brigitte Longuet.
L.A : Cette commission a été créée en janvier
2003. Elle
doit fonctionner pour trois ans. A quoi sert cette commission ?
Les pouvoirs publics ont enfin pris conscience de l'utilité des
professions libérales. Celles-ci sont indépendantes. Elles
maillent le territoire français, elles pourvoient à des
emplois non délocalisables. Elles sont très créatrices
d'emplois (à l'époque où malheureusement on en manque
dans notre société européenne). Aujourd'hui, elles
représentent 600 000 indépendants et 1,8 million d'emplois
salariés. Que ce soient les avocats, les médecins, les
notaires, les dentistes, les experts comptables…(il y a au moins
90 professions répertoriées) ces emplois restent en France
et contribuent à faire vivre nos régions françaises.
Le nombre des indépendants s'installant à l'étranger
est vraiment minime. Il est très important d'aider les professions
libérales et de les traiter en tant que telle. Et c'est en cela
que la commission nationale de concertation des professions libérales
va apporter beaucoup !
L.A : Professions libérales signifient pour vous professions
responsables ?
Les professions libérales sont, par essence, des professions
responsables. Elles s'organisent entre elles. Elles sont responsables.
Elles ont une déontologie. Elles peuvent être un exemple
pour toutes les autres professions. On constate d'ailleurs que les jeunes
diplômés qui avaient tendance à aller vers les très
grandes entreprises sont souvent des personnes qui, aujourd'hui, vont
travailler en tant que conseils en tant que professions libérales
car ils préfèrent apporter leurs savoirs et garder ce caractère
d'indépendance qu'un salariat ne permet pas toujours dans une
entreprise. Ce mouvement est significatif. Les élites ressentent
ce besoin d'indépendance et d'autonomie et c'est certainement
très profitable pour le pays.
L.A : Quels sont les sujets abordés par cette commission ?
Je dois dire que cette commission ne chôme pas ! Les sujets abordés
sont nombreux et très importants. Déjà, dans le
premier semestre 2003, il a été préparé un
avant-projet de loi portant création d'un véritable statut
de ce collaborateur libéral. Envoyé à Monsieur Renaud
Dutreil, en juillet dernier, il doit définir une loi cadre. Chaque
profession concernée devrait, par décret, préciser
les particularités de sa profession. D'ailleurs, en ce qui concerne
les avocats, cet avant-projet de loi a été soumis au Conseil
National des Barreaux, organe représentatif des 40 000 avocats
français. Le C.N.B réfléchit sur un projet de décret.
Le traitement des difficultés au sein des professions libérales
nous occupera au 4e trimestre 2003. Et à l'heure où Monsieur
Dominique Perben, Garde des Sceaux, Ministre de la Justice, parle de
réformer le droit de la liquidation judiciaire, il est important
de faire entendre notre voix pour que nous ne soyons pas oubliés
comme nous l'avons été jusqu'à présent.
L.A : Pour quelle raison la commission travaille t-elle, également,
sur l'aménagement du territoire ?
Les professions libérales peuvent rencontrer certaines difficultés
pour vivre et se développer dans les zones rurales car il n'y
a peu de clientèle. En même temps, toutes les campagnes
ont absolument besoin d'elles. Il faudrait étudier la question
peut-être sous forme d'aides, d'incitations pour les professions
libérales puissent continuer à être ce qu'elles ont été traditionnellement
présentes sur tout le territoire.
L.A : Quelles autres missions seront traitées par cette commission
?
Les thèmes abordés sont des questions fondamentales pour
les professions libérales. D'abord, l'accompagnement des créateurs
toujours dans cette optique de les aider et de les reconnaître
au même titre que les entreprises. On abordera également
la question de l'environnement concurrentiel.
Ensuite, vous avez le domaine international, bien sûr ! Il faut
voir ce que l'on peut faire, la liberté d'établissement
et autre. Et cela pose souvent beaucoup de questions à résoudre.
Et puis, vous avez des questions beaucoup plus techniques. Par exemple,
la question concernant les locaux professionnels : le statut des baux
professionnels dont on nous parle depuis longtemps et qui n'a toujours
pas été réglé. Voici un aperçu du
travail de la commission pour l'année 2003. On pourrait aller
plus loin. Mais je pense que déjà si tous ces thèmes
sont abordés d'une façon précise, profonde et s'ils
peuvent, à chaque fois, aboutir à des projets de loi et
des réformes, je pense que les professions libérales auront
le sentiment d'être entendues.
L.A : Qu'avez-vous ressenti lorsque vous avez appris votre nomination
au sein de cette commission ?
Je dois dire que j'ai ressenti une certaine fierté de pouvoir
approfondir ces questions générales. Je suis avocate depuis
plus de 25 ans et j'ai énormément travailler au sein de
mon cabinet. Je pense que maintenant j'ai atteint, malheureusement, pour
moi la maturité (rires…!). L'intérêt est que
je connaisse bien tous les avantages, toutes les difficultés que
peuvent rencontrer les professionnels libéraux. Si je peux apporter
cette connaissance à cette commission j'en serais extrêmement
satisfaite. Tous ces sujets qui intéressent toutes les professions
m'ont toujours passionnée. Et je suis très heureuse de
pouvoir apporter ma contribution à l'ensemble que constitue la
commission nationale de concertation des professions libérales.
Propos recueillis par Catherine Courage.
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